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26 juin 2009
Jeudi 25 juin se tenait à Paris, sous les lambris du Sénat, un colloque intitulé « 23% d’énergies renouvelables en 2020, objectif utopique ou réalisable ? ». La table ronde n°2, consacrée à l’emploi et au développement industriel dans les énergies renouvelables, réunissait les dirigeants de grands groupes français.
Vont-ils embaucher dans les années à venir, oui ou non ? Si les chiffres restent encore vagues, l’optimisme semble de mise… Compte-rendu.
Quinze jours à peine après avoir annoncé la vente de ses actions au groupe énergétique autrichien Verbund, le très médiatique Charles Beigbeder, toujours officiellement président du conseil d'administration de Poweo « en charge des projets futurs, des relations avec les autorités de tutelle et des contrats d'approvisionnement en électricité nucléaire », se félicite d’abord du bilan enregistré par sa société depuis 2002 en matière d’énergies renouvelables : « Sur 500 MWh produits chaque année par Powéo, 100 MWh sont d'ores et déjà d’origine renouvelables dont 55 MWh/an dans l’éolien et 7 MWh/an dans le solaire…». Des résultats qu’il espère bien améliorer : « Nous allons investir dans le photovoltaïque aux DOM-TOM et nous préparons à la bataille titanesque de 2012, contre EDF et Suez, puisque les droits d’exploitation de nombreux barrages hydro-électriques doivent être renouvelés…» Combien de légions ? Pour rechercher et exploiter ses sites, le groupe dispose à ce jour d’une équipe de 55 personnes. « Comme dans le secteur de l’efficacité énergétique, nous continuer à embaucher dans les énergies renouvelables » a également affirmé Charles Beigbeder. Avant de regretter : « Mais nous avons encore parfois du mal à trouver des gens formés… »
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Directeur de Dalkia France, Franck Lacroix, est également optimiste. Pour produire davantage de chaleur verte et développer les infrastructures collectives en ville, pour « chauffer les villes au bois », l’intéressé n’ignore pas qu’il va avoir besoin de bras. Sa société, filiale de Véolia, un groupe fort de ses 110 000 sites à travers le monde, a déjà fait ses comptes : « D’ici 2015-2020, ce sont 5 à 6 milliards qui devraient être investis et plus des 5 000 emplois qui devraient être créés chez nous pour développer la filière Energie Bois ».
Même son de cloche du côté des représentants de l’Office Nationale des Forêts. « Pour développer la biomasse en France, alors que la demande explose, il ne va plus falloir se contenter d’utiliser des bois de récupération mais aussi utiliser davantage des massifs inexploités, dans le Var et les Landes par exemple » explique Pierre Olivier Drège , le Directeur général de l’ONF. Pour mieux utiliser les gisements, quelques 10 000 nouveaux bras seront nécessaires d’ici 2012. Des emplois essentiellement ruraux devraient donc voir le jour : « Pour l’abattage, le débardage et le broyage, sans parler du transport des copeaux de bois vers les chaufferies ni de leur traitement, il s’agit de métiers qualifiés spécifiques qui nécessitent de plus en plus la maîtrise d’outils modernes. Le temps des bûcherons isolés avec leur hache au fond des bois, c’est fini ! » résume l’intéressé. Quid des cadres ? « Les postes de techniciens supérieurs sont encore peu nombreux chez nous mais notre filiale ONF-Energie devrait faire davantage appel à eux avec le temps. » Dès que les chaufferies et leurs réseaux de chaleur seront opérationnels…
Pour Marc Vergnet, principal fabriquant d’éoliennes en France, actuellement très engagé en Ethiopie où il fait travailler 150 personnes mais aussi ailleurs dans l’off-shore, de nombreux autres postes pourraient être créés en France aussi. « Je fais bosser une multitude de prestataires moi en général ! L’assemblage des pièces représente pour nous en effet 15% de la valeur ajoutée d’une éolienne… ». Enthousiaste, passionné mais visiblement un peu amer, l’entrepreneur regrette : « Dommage que la France rate le coche avec l’éolien car le potentiel est énorme… »
La grande distribution n’est pas non plus en reste et se montre gourmande en matière d’énergies renouvelables. C’est le cas par exemple de la chaîne Casino qui, à Saint-Laurent des Arbres dans le Gard ou à Avignon par exemple, vient d’équiper ses parkings et ses toits de panneaux photovoltaïques. Jacques Hermann, son Directeur général Immobilier, explique lui aussi : « Nous allons indirectement créer des emplois en faisant travailler dans les années à venir nos prestataires pour assembler et installer nos ombrières, dans les DOM-TOM mais aussi dans le Sud ici en métropole » Objectif du groupe ? Atteindre rapidement une production de 250 MGWh/an.
Mathieu Duchesne pour Envirojob
Crédits de l'illustration : MD