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29 juin 2009
A la tête de SPE-Tourisme, un cabinet de conseil spécialisé depuis 2007 dans l’accompagnement « des acteurs du tourisme soucieux d’adopter une démarche plus responsable », Guillaume Cromer est partout sur la toile. Comment le marché de l’écotourisme va t-il décoller et s’extraire de l’étau du voyage de luxe ? Quels industriels oseront embaucher ? Eléments de réponse.
ENVIROJOB.fr : Combien de personnes travaillent aujourd'hui dans l'écotourisme en France ? Quels sont les postes les plus fréquemment à pourvoir ?
Il n’y a pas d’études précises sur l'emploi mais le nombre de sites écotouristiques en France est en hausse ces dernières années. Par exemple dans l’hébergement de plein air avec Huttopia mais aussi avec les écolodges, les campements écotouristiques en yourtes, en tipi ou encore dans les arbres...Il y a aussi des projets comme les Marais de Vigueirat en Camargue ou les parcs naturels nationaux et régionaux. En terme de postes, on les trouve surtout dans les métiers classiques du tourisme et proches de la nature: les guides écotouristiques, les chargés de développement durable ou les chargés de mission tourisme durable sur certains territoires engagés.
ENVIROJOB.fr : Dans la restauration, la TVA à 5,5% peut-elle accélérer la création de postes de responsables du développement durable ?
Tout dépend de l’engagement des dirigeants de l’entreprise et de l’engouement des consommateurs pour le tourisme responsable mais, bien entendu, la réduction des charges devrait permettre de réinvestir dans des innovations éco-responsables.
ENVIROJOB.fr : Selon vous, quelles sont les formations, initiales et continues, aujourd’hui les plus fiables et les plus reconnues en France ?
De plus en plus de formations sont créées chaque année dans le tourisme durable. Les étudiants qui cherchent un cursus doivent tout d’abord se poser la question de la branche qu’ils visent dans le tourisme. La palette est large : hôtellerie, restauration, aérien, voyagistes, développement du territoire, coopération...Ensuite, je conseille les cursus où les professionnels interviennent en grand nombre et où les stages de longue durée sont privilégiés. Cela leur donnera une bonne expérience et ils pourront travailler leur réseau qui devient indispensable.
ENVIROJOB.fr : Plus généralement, quelles sont les avancées concrètes obtenues ces dernières années par les défenseurs de l’écotourisme en France ?
Je ne sais pas si l’on peut parler de défenseurs de l’écotourisme… Mais de nouveaux consommateurs apparaissent, plus enclin à choisir des destinations, des hôtels ou des agences de voyages eco-respectueuses. Dans la lignée du commerce équitable et du bio, le travail de médiatisation de la protection de la planète commence donc à donner des résultats. Les gens veulent des voyages plus solidaires et plus proches de la nature. Du coup, la loi n'évolue pas mais les opérateurs, privés et publics, s’interrogent pour réduire leurs impacts environnementaux.
ENVIROJOB: Restaurateurs et hôteliers ont-ils de nouvelles attentes ?
Les hôteliers, plus que d'autres, sont actuellement en recherche de solutions concrètes pour diminuer leurs impacts sur la nature et améliorer les conditions de travail. Mais l’intérêt est souvent économique car les hôteliers qui s’engagent dans une stratégie durable ont bien compris qu’investir dans des solutions écologiques permet des réductions importants sur les factures (ampoules, panneaux solaires, éco-produits, mélangeur bain douche...). D'autant que les consommateurs sont de plus en plus attentifs à ces engagements. Aujourd’hui, plus de 30 hôtels sont écolabelisés en France alors qu’il n’y en avait qu’un seul en 2006… Et ces hôtels attirent de plus en plus de clientèle !
ENVIROJOB: Malgré ces avancées, seul le tourisme durable de luxe semble pourtant vraiment se développer, non ?
Je ne suis pas d'accord. Les grands groupes hôteliers et les importants voyagistes ont certes davantage de moyens financiers pour mettre en place une politique de développement durable dans leur entreprise. Mais les opérateurs de tourisme d’aventure, et ceux du tourisme solidaire par exemple, s’engagent également même si leurs structures sont plus petites. Les voyagistes ? Ils trouvent bien entendu actuellement une clientèle sur les sites discount en ligne car nous sommes en période de crise ! Cependant ces opérateurs ne pourront pas survivre longtemps car leurs voyages au rabais ne sont assez chers pour être socialement et écologiquement soutenable dans le temps.
ENVIROJOB: Que peuvent donc entreprendre les professionnels du secteur pour démocratiser ce marché ? Comment équilibrer l’offre et la demande ?
Il ne faut pas mettre le tourisme de masse d’un côté et le tourisme responsable de l’autre. Il est nécessaire que les professionnels du secteur fassent de petits efforts pour diminuer leur impact environnemental et social sur leur territoire d’accueil. En commençant par réfléchir à leur consommation en électricité et en eau, à leur gestion des déchets etc. Au final, le but n’est-il pas que l’industrie du tourisme impacte moins sur l’environnement ?
MD
Pour en savoir plus :
Envirojob
Crédits de l'illustration : DR