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Eco-activités et emploi : Les scientifiques français définissent un nouveau périmètre conforme aux standards européens

16 juillet 2009

Publié ces jours-ci, le dernier rapport du SOeS sur le marché des éco-activités prend désormais en compte le secteur des EnR et l'efficacité énergétique. Selon ses auteurs, le nombre d’emplois environnementaux en France aurait augmenté de 4,2% en moyenne chaque année entre 2004 à 2007, franchissant ainsi le cap des 400 000 postes, dont 44 000 dans les EnR.

Intitulé « Les éco-activités et l'emploi environnemental », le rapport publié début juillet par le Service d'observation et statistiques (SOeS, ex-Institut français de l'environnement - IFEN) du Commissariat général au développement durable (CGDD), ne s’étale que sur la période 2004-2007 car les résultats de 2008 et du premier semestre 2009 ne sont pas encore connus. Réalisé à la demande du Conseil stratégique des éco-industries (Cosei), ce document est censé répondre en partie au manque de définitions et de données chiffrées dont se plaignent souvent les acteurs du marché français.

Longue de 40 pages, l’étude du SOeS se veut «  conforme aux recommandations de l’UE afin de permettre des comparaisons nationales » et s’inspire donc pour beaucoup des travaux en cours actuellement au sein du Service statistique de la Communauté européenne (Eurostat) qui devrait publier fin 2009 un guide méthodologique redéfinissant le périmètre des éco-produits. Comme leurs homologues à Bruxelles, les scientifiques français proposent de mesurer les activités du secteur grâce à 4 indicateurs : la production, exportations y compris, la valeur ajoutée… et l’emploi !

L’agriculture bio, les EnR et l’efficacité énergétique désormais comptabilisés

C’est une première. Dans sa version 2007 rendue publique aujourd’hui, le rapport français intègre désormais l'activité de rechapage des pneus, l'agriculture biologique mais surtout les énergies renouvelables (EnR) et l'efficacité énergétique dans le périmètre des éco-industries. Ces « nouveaux » secteurs d’activités rejoignent ainsi, pour les calculs inhérents aux éco-activités, ceux déjà préalablement pris en compte. A savoir : La gestion durable de l'eau, des déchets ou de l'espace urbain ; La protection de l'air et du climat ; Les risques naturels et technologiques ou bien encore la gestion des ressources énergétiques et l'éco-tourisme.

Fait remarquable, contrairement à l’Ademe (chiffres 2008), les scientifiques français n’ont pas comptabilisé dans leur périmètre: la pose et la fabrication des vitrages isolants. Pas plus d’ailleurs que la production de véhicules de classe A et B.

Un marché de 59 milliards d'euros et 400.000 emplois environnementaux

Toujours dominé par la gestion des eaux usées (14 milliard) et des déchets, la production des biens et services environnementaux se serait élevée à 59 milliards d'euros en France en 2007, selon ce rapport. Dans le cadre de ce nouveau périmètre, le SOeS précise aussi que le rythme de croissance de la production d'éco-produits s'est alors établi à 7,7% en moyenne annuelle de 2004 à 2007, avec une croissance particulièrement soutenue pour le domaine des énergies renouvelables atteignant les 19,5% par an, contre 4,9 % pour l'ensemble des branches.

Quid des emplois environnementaux ? Ces derniers représenteraient environ 400 000 postes (soit une hausse de 4,2% en moyenne annuelle de 2004 à 2007), dont 282.000 seraient attribuables aux éco-activités marchandes des éco-entreprises, 89.000 à celles des administrations publiques et 29.000 aux services internes de protection de l'environnement des entreprises. La gestion des eaux usées (95.200 postes) et celle des déchets (99.700 postes) regrouperaient près de la moitié de ces emplois environnementaux. Des chiffres auxquels ont été ajouté dans ce périmètre ceux nouveaux des EnR (+44.000), de l'efficacité énergétique (+23.000) et de l'agriculture biologique (+20.000).

Question : cette croissance est-elle due à l’économie verte ? Les experts français relativisent : « L’angle de vision de l’emploi reste limité au domaine des éco-activités : les effets de substitution, avec d’éventuelles baisses d’emplois dans certains sous-secteurs, ne sont pas comptabilisés. ».

Pour en savoir plus :

Mathieu Duchesne pour Envirojob

Crédits de l'illustration : DR