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Concrétiser les 600 000 emplois verts : Interview de Valérie Létard, secrétaire d'État auprès de Jean-Louis Borloo

17 septembre 2009

Valérie Létard a présenté à la presse la méthode et le calendrier du plan de mobilisation pour le développement des métiers de la croissance verte. Ce qu'il faut en retenir : la mutualisation des moyens et l'adaptation au terrain.


Comment se prépare le plan de mobilisation pour le développement des métiers verts ?

Nous sommes partis des 600 000 emplois nouveaux estimés par l'étude du Boston Consulting, avec la volonté qu'ils deviennent une réalité à travers un plan de mobilisation. Le plan repose sur quatre axes complémentaires, dont le premier est l'identification des métiers. Et en la matière, il nous faut travailler non seulement sur les nouveaux métiers émergents, mais aussi sur les métiers existants qui vont devoir s'adapter. Pour mieux les appréhender, nous allons créer un Observatoire national des métiers.

Et la formation ?

Le deuxième axe consiste justement à définir les besoins en formation. Cela passe par la création de référentiels des métiers et des compétences élaborés à partir des besoins des entreprises. Cela conduit au recrutement, car il s'agit bien de faire se rencontrer une offre d'emploi et un professionnel compétent avec des actions ciblées sur les jeunes, les demandeurs d'emploi et les personnes en difficulté. Enfin, le dernier axe est l'information et la valorisation des métiers de la croissance verte avec l'organisation d'une conférence nationale sur les métiers verts début 2010.

Quels sont les partenaires sur lesquels vous allez vous appuyer ?

Je souhaite que la mobilisation soit la plus large possible. Elle s'appuiera sur les cinq collèges du Grenelle, les acteurs économiques, ceux des politiques de l'emploi et les collectivités locales qui choisiront de s'engager dans une démarche d'expérimentation. Et bien sûr avec l'appui de l'Ademe, qui accompagnera techniquement et financièrement les expérimentations territoriales. L'idée est de mutualiser les moyens et de se mettre d'accord sur des stratégies efficaces.

Quel est le calendrier retenu ?

En octobre, nous réunirons le comité de pilotage national, composé des représentants de l'ensemble des acteurs, et nous mettrons en place des comités par filière et par secteur (agriculture, transports, énergies renouvelables, logements et bâtiments, déchets...). En novembre, nous préparerons le conventionnement avec les Régions et les porteurs d'expérimentations. En décembre, le plan d'action global sera validé par le comité de suivi du Grenelle de l'environnement. Enfin, en janvier, lors d'une conférence nationale présidée par le président de la République, nous présenterons le plan de mobilisation.


Le potentiel d'emplois verts d'ici à 2020

L'étude, réalisée en juin dernier par Boston Consulting à la demande du ministère de l'Écologie, estime que le Grenelle de l'environnement générera 450 milliards d'euros d'activités, et plus de 600 000 emplois répartis sur quatre secteurs principaux : le bâtiment (191 Md€ euros; et 392 000 emplois en 2013), les transports (110 Md'euros; et 249 000 emplois en 2018), les énergies renouvelables (110 Md'euros; et 134 000 emplois en 2020) et la prévention des risques naturels et technologiques (36 Md'euros; et 22 000 emplois en 2013).

EM Hebdo, 14 septembre 2009

Pour en savoir plus :

Envirojob

Crédits de l'illustration : DR