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Foreur d’eau : En manque de qualification

Les sociétés de forage pâtissent du manque d’encadrement réglementaire nécessaire à la reconnaissance technique de leur activité. Un cadre qui, pourtant, jugulerait la concurrence déloyale et les pratiques polluantes pour les nappes.

Un chantier de la communauté urbaine du Grand Nancy réalisé par Dalkia.)

Un forage d’eau « vite fait, mal fait », c’est un ouvrage multicrépiné qui s’alimente dans plusieurs nappes pour garantir le débit, au risque de polluer les nappes profondes par transfert. C’est aussi souvent ni cimentation ni essais de pompage, deux étapes qui garantissent la qualité du travail. Ces pratiques permettent néanmoins à certaines entreprises de casser les prix et portent préjudice à l’ensemble de la profession.

On dénombre actuellement entre 400 à 500 sociétés de forage d’eau, bien souvent aussi spécialisées en géothermie. Sur ce nombre, une vingtaine de PME de plus de vingt personnes et une majorité de TPE de deux à dix salariés. La compétence technique se partage alors entre le patron, qui fixe les choix de conception, et son équipe d’ouvriers, qui conduit les machines sur le terrain. Un foreur n’est pas hydrogéologue, mais ces deux métiers travaillent ensemble.

Il n’existe d’ailleurs pas de formation spéciale au métier de foreur d’eau. Les sociétés embauchent des soudeurs, des mécanos, des conducteurs de machines titulaires du permis poids lourds et parfois venus du génie civil. Sur les plus gros chantiers se pressent manoeuvres, aide-foreurs et foreurs. Il faut entre cinq et dix ans d’expérience avant de maîtriser toutes les techniques. Une centaine d’entreprises s’adressent exclusivement aux collectivités, via les marchés publics. Les autres se partagent le marché des particuliers. Soumis à une simple déclaration en mairie, les forages domestiques échappent actuellement à tous contrôles..

Le métier est pourtant doté de règles de l’art bien établies via un arrêté du 11 septembre 2003, un guide d’application du BRGM et la norme Afnor NFX 10-999 de 2007, en révision. « Nous avons tous les outils pour bien travailler, mais, comme partout, certains ne suivent pas les règles. Par exemple, de nombreux forages sont déclarés comme domestiques pour contourner les procédures. Il faudrait aussi renforcer les contrôles de la police de l’eau », juge Éric Garroustet, président du Syndicat national des entrepreneurs de puits et de forages pour l’eau et la géothermie (SFEG).

Pour valoriser les bonnes pratiques, le syndicat a déjà mis en place un certificat de qualification professionnelle de foreur d’eau qui valide cinq ans d’expérience minimale, une charte de qualité des forages d’eau et 13 certificats professionnels relatifs à la qualité de mise en oeuvre des différentes techniques. Mais ces démarches volontaires restent peu suivies.

Dénonçant l’absence d’encadrement de la profession et l’impact sur la qualité des nappes, les commissions locales de l’eau coordinatrices de huit Sage ont lancé, fin 2012, une action auprès du ministère de l’Écologie. Elles espèrent notamment profiter de l’évolution de la réglementation sur la géothermie, qui rendra obligatoire la qualification des entreprises du secteur, pour l’élargir aux forages d’eau

Crédits photos : Cotrasol - DR

Groupe Environnement Magazine, AD

CONTACTS

> Roussillon Forage, Olivier Brantus, roussillon.forage@orange.fr
> SFEG, Éric Garroustet, garroustet@sfeg-foravges.fr


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