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Formation continue recyclage : Découvrez le CQP « Opérateur Recycleur VHU »

Afin de pallier le manque de main-d’oeuvre qualifiée dans les métiers du recyclage et de la récupération, les CQP développés en partenariat avec Federec se multiplient. Deux centres, l’un en Franche-Comté et l’autre en région parisienne, proposent le CQP dédié à la filière des VHU. Zoom sur le CQP d’Aubervilliers pour une présentation-bilan de la première session, entre ajustements, désistements et préparation du futur recrutement.

Initié en 2004, le projet Evade (voir encadré) est maintenant en phase finale et voit enfin les CQP (certificat de qualification professionnelle) esquissés sur le papier prendre vie dans les centres de formation.

Ainsi, le CQP VHU, proposé par le Greta d’Aubervilliers (93), s’est déroulé de septembre à décembre 2007.

Un recrutement adapté

La formation, indemnisée par la Région Ile-de-France ou les Assedic, n’est accessible qu’aux demandeurs d’emploi. Afin de remplir ses bancs, le Greta a travaillé plus spécifiquement avec les antennes ANPE spécialisées dans les métiers de l’automobile et les associations intervenant sur les formations en environnement. Le bassin de recrutement s’étendait sur toute l’Ile-de-France. isabelle Hondermarck, conseillère en formation continue au Greta, dresse le profil du bon candidat au métier de dépollueur-démonteur-trieur de VHU : « Nous recherchons des personnes ponctuelles, qui ont une bonne adresse manuelle, l’esprit d’équipe et qui peuvent fournir une attention et une concentration soutenues ». Le recrutement est mixte, mais, bien sûr, la force physique est un atout. « Les femmes peuvent s’engager dans cette formation. La réussite va dépendre de l’entreprise. Si celle-ci dispose d’équipements tels qu’une assistance au levage, cela fonctionnera. » Au final, une seule femme est venue aux entretiens.

Dans le processus de recrutement, la phase d’information collective est importante. C’est une réunion organisée trois semaines avant le début des cours, qui a plusieurs objectifs. D’abord, les candidats sont soumis à quelques tests de français, de maths et de lecture de schémas techniques. Ces évaluations sont complétées par des entretiens : « On demande aux candidats s’ils ont l’habitude de bricoler, de démonter des appareils et surtout s’ils ont déjà exercé un travail physique, qui exigeait d’être debout ou bien de respecter des consignes de sécurité. » Afin que les candidats aient une vision juste de leur futur emploi, un film qui présente le métier, fourni par l’Indra, un réseau de déconstructeurs, est projeté. « Nous leur montrons également les EPI, équipements de protection individuelle, et les plateaux techniques du lycée ». Enfin, les recruteurs veillent à ce que les futurs stagiaires n’aient pas de contre-indications physiques, tels que des problèmes de dos, des lombalgies… Les cours sont organisés selon trois axes.

D’abord, le secteur d’activité, à savoir l’automobile, est présenté en détail sous les angles historique, juridique et économique.

Un maximum de matériaux et d'équipements

La filière VHU est ensuite exposée pièces par pièces : les acteurs (fournisseurs, gestionnaires-distributeurs, démolisseurs,broyeurs, ferrailleurs, équipementiers…), les textes réglementaires, les procédures d’enlèvement et de réception et enfin les opérations de dépollution, de démontage et de tri des pièces de réemploi. Un dernier volet est consacré au droit du travail et à la sécurité. Mais le volume horaire global a dû être ajusté. En effet, le référentiel prévu par Federec prévoit 80 heures en centre et 120 heures en entreprise, mais la Région ne finance aucune formation de moins de 300 heures. Du coup, le programme a été révisé pour pouvoir conjuguer les exigences des deux cahiers des charges : « Des modules de connaissance approfondie de l’automobile ont été ajoutés. Cet enrichissement du contenu nous a permis d’ouvrir le recrutement à des personnes ne venant pas de l’automobile. Des cours sur la communication, la qualité en entreprise et les techniques de recherche d’emploi ont aussi été rajoutés. » Pour la pratique, le lycée retenu met à disposition un plateau de 500 m2 avec tous les équipements nécessaires. Au final, 12 véhicules ont été commandés pour cette promotion, tous fournis par Re-source Industries. « Les stagiaires ont démonté des véhicules récents comme anciens, à Diesel ou à essence, avec ou sans climatisation… Ils doivent voir un maximum de matériaux et d’équipements entrant dans la composition d’un véhicule. »

Des difficultés mais un bilan positif

Onze personnes ont suivi la formation, qui peut en accueillir douze.

Deux candidats avaient plus de quarante ans, mais la moyenne d’âge était de 23 ans. Trois sont partis en cours de route car ils avaient trouvé un emploi et quatre ont obtenu leur certification suite à l’évaluation par les formateurs du Greta et par l’entreprise. Les quatre autres personnes ont tout simplement abandonné… « C’était des éléments difficiles à mobiliser et à stabiliser. Sur ce type de formations, on a un public issu de l’insertion avec des problématiques sociales. Bien sûr, nous veillons à ce qu’il n’y ait pas de gros problèmes, tels l’alcoolisme… Concrètement, on se retrouve souvent confronté à de l’absentéisme. » En plus d’un savoir-faire, la formation exige de maîtriser le discours technique : « Pour les personnes issues de l’immigration, le niveau de français peut poser problème. Néanmoins, on a constaté que le vocabulaire technique étant assez univoque, il a été bien intégré. » Enfin, un dernier obstacle a compliqué le déroulé de la formation : « Les entreprises de démantèlement sont souvent situées loin des centres urbains, le long de routes nationales ou dans des zones d’activité difficiles d’accès. Du coup, nous avons eu quelques soucis avec les stagiaires n’ayant pas le permis de conduire. » Malgré tout, le passage du tertiaire à l’industriel reste positif :
« Certains stagiaires avaient été enquêteurs, dans l’intérim mais hors automobile, agents d’entretien…

Mais ils s’en sont bien sortis et ont été certifiés. » Préparant déjà le recrutement de l’année prochaine, Mme Hondermarck reprécise les deux moteurs fondamentaux pour intégrer la formation : « Motivation et mobilité ! » Avis aux intéressés : la prochaine promotion démarre le 22 septembre 2008 et il reste des places !

Virginie Collomb

Le projet Evade

En partenariat avec Federec, Rudologia a initié un projet intitulé Evade, Emploi valorisation déchets, qui vise à mettre en place des formations qualifiantes sous forme de CQP dans le domaine de la récupération. Evade a été mis en place en 2004, suite à un triple constat : déficit d’image de la filière recyclage-récupération, évolution de la réglementation qui favorise l’émergence de nouveaux métiers pour lesquels il n’y a ni titres ni formations et enfin manque d’informations sur ces métiers et ces formations auprès des jeunes et des demandeurs d’emploi.

Ce projet bénéficie du soutien technique et financier de l’Europe via le dispositif Equal, qui prévoit un partenariat transnational avec l’Italie. Actuellement, le CQP « Opérateur Recycleur » se décline selon trois spécialités : VHU (2 sites), DEEE (1 site) et Pneumatiques (1 site). En savoir plus : www.rudologia.fr

À quoi forme le CQP ?

Le CQP est un certificat de qualification professionnelle. Contrairement à un diplôme qui prépare à plusieurs métiers dans différents secteurs d’activité, le CQP forme à un métier spécifique de la branche qui l’a mis au point (automobile, coiffure, recyclage…). Le programme de formation privilégie la pratique professionnelle là où un diplôme accorde plus de place aux programmes généraux et technologiques. Enfin, le CQP est une certification uniquement reconnue dans les entreprises de la branche.

Fiche d’identité du « CQP Opérateur-Recycleur : VHU »

Durée : 12 semaines (310 heures en centre à temps plein,
140 heures en entreprise).
Capacité : 12 personnes en recherche d’emploi.
Fonctions de l’opérateur : Dépollution, démontage et tri dans les industries de la récupération, du recyclage et de la valorisation des VHU.

Modules enseignés : A : panorama du secteur d’activité ; B : sécurité et conditions de travail ; C : dépolluer, démonter et trier les pièces d’un VHU.

Contact : Mme Isabelle Hondermarck, Greta, Bâtiment industrie paysage (BIP) 93, 52 rue Léopold Réchossière, 93300

Aubervilliers, tél. : 01 49 37 92 55/37 ; N° vert 0800 33 44 81 ; bip93@forpro-creteil.org

Et concernant la branche auto ?

La branche de l’automobile n’est pas en reste et propose aussi son CQP « Démonteur automobile spécialiste ». Il s’effectue sur une période de 13 à 14 mois (3 semaines en entreprise/1 semaine en CFA). Il est proposé en alternance

aux jeunes âgés de 16 à 25 ans ayant un niveau CAP ou qui possèdent une expérience professionnelle de 3 ans minimum.

Contacts :

M.Bindler, CFA Interprofessionnel de l'Aube, 9 rue Robert Keller, 10150 Pont-Sainte-Marie, tél. 03 25 81 08 01

- Internet : www.metiersdelauto.com ou www.anfa-auto.fr, site de l’Association nationale pour la formation automobile.

Recyclage-Récupération, septembre 2008