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L'environnement fait son apparition dans les établissements d'enseignement supérieur. Une fonction que ses responsables endossent sous le titre de directeurs développement durable, responsable ou référent environnement, association de chercheurs ou groupe de travail spécifique.
Les premiers à désigner clairement leur Monsieur ou Madame environnement et à leur octroyer quelques moyens sont souvent les établissements qui dispensent des formations dans ces domaines. C'est le cas du groupe ISA de Lille qui, en ouvrant en 1993 un département environnement s'ajoutant à celui de l'agriculture et de l'agroalimentaire, a créé la fonction. D'abord centrée sur la pédagogie, elle a évolué en 2005 vers le portage des projets internes exemplaires et l'amélioration des pratiques (plan de déplacement, système de management environnemental, bilan carbone...).
À l'école supérieure de commerce et de management (Escem) de Tours-Poitiers, même approche. L'école, qui possède un mastère et un tronc commun développement durable, a son directeur DD. « Essentiel », pour Frédéric Avry, chargé de mettre en cohérence enseignement et pratiques managériales. « La mise en oeuvre d'actions concrètes est un formidable terrain d'entraînement pour les étudiants », ajoute Franck Chauvin, le Monsieur environnement de l'ISA. Partout, les étudiants sont d'ailleurs les chevilles ouvrières des actions menées. Ils représentent une aide précieuse pour ces nouveaux responsables souvent sans grands moyens. À l'École des métiers de l'environnement de Rennes, ils en sont même le moteur : « nous n'avons pas de responsable environnement, mais une association d'étudiants très dynamique et des groupes de travail spécifiques », explique Julie Fabre, la responsable communication.
À l'inverse, le groupe Icam, qui forme des ingénieurs généralistes de type arts et métiers, vient de nommer un référent sur chacun de ses cinq sites. Spécialisé en énergétique, en formation humaine, ingénieur ou économiste, ces responsables ont des cursus très différents mais en commun leur sensibilité personnelle au développement durable. L'immense majorité n'a d'ailleurs pas été recrutée pour cette fonction qui s'ajoute à celle qu'il occupe.
Cependant, quelques établissements commencent à recruter des profils spécifiques. C'est le cas à l'Escem ou encore à l'université catholique de Lille, qui vient d'embaucher à plein-temps pour son institut de DD et ses 19 000 étudiants, un jeune bac +5 spécialisé en environnement.
Emmanuelle Lesquel
« L'école, une entreprise comme les autres »
Diplômé ingénieur de l'école dans laquelle il officie aujourd'hui, Franck Chauvin a travaillé cinq ans dans un bureau d'études spécialisé en environnement où il s'est forgé une culture de terrain dans les domaines des ICPE et des déchets. Il y revient en 2003 s'occuper du mastère environnementaliste avant de prendre la responsabilité du département environnement. Souhaitant gérer l'école « comme une entreprise », il est à l'origine de la démarche Iso 14001 qu'elle a lancée. « Nous formons depuis plus de quinze ans des responsables environnement ; il était normal de déployer notre propre système de management environnemental. C'est aussi un projet partagé par tous (étudiants, administratifs, enseignants, fournisseurs, partenaires locaux...). De plus, nos petites réussites peuvent impulser de nouveaux comportements tant dans les autres établissements du campus qu'auprès des entreprises avec lesquelles nous sommes en contact tous les jours », se félicite-t-il.
Escem, Frédéric Avry, Tél. 02 47 71 71 91
Groupe Isa, Franck Chauvin,
Tél. 03 28 38 48 48
Environnement Magazine, novembre 2008