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Responsables environnement dans l'automobile : mieux vaut connaitre les rouages de l'entreprise et les contraintes industrielles

Dans ce secteur, la coordonnination de la politique environnemenatale demande une excellente connaissance des rouages de l'entreprise et des contraintes industrielles. C'est pourquoi, ils sont souvent issus du sérail !

La conception, la fabrication, la vente et l'après-vente d'un véhicule implique un vaste panel de compétences. Cette particularité suppose que la démarche environnementale des constructeurs, qui vise à réduire les impacts des véhicules et des usines, s'inscrive dans une stratégie transversale. C'est pourquoi, l'organisation mise en place se caractérise par un fonctionnement en réseau, avec des personnes ressources et des relais dans toute l'entreprise, plutôt que par une équipe environnement structurée hiérarchiquement sous l'autorité d'un responsable.

« Pour réduire les émissions de CO2 ou améliorer la recyclabilité, il faut partir de l'amont, au stade de la R & D, et développer la réflexion au niveau de chaque métier. C'est pourquoi l'environnement n'est pas dans notre organisation une compétence en soi ; ce n'est pas un élément qui vient se rajouter, c'est une part intégrante des compétences-métiers », explique Alice de Brauer, directrice du plan environnement de Renault. Elle-même a acquis, après une formation en économie, une large connaissance de l'industrie, de la fonction achats et des aspects stratégiques en occupant successivement des postes dans la fabrication chez Renault, dans une filiale et chez un équipementier. Un parcours représentatif de l'itinéraire des responsables environnement du secteur.

 

Des hommes et des femmes d'expérience

Sur les sites industriels comme dans la R & D ou le marketing, ce sont, tout comme les nombreuses personnes ressources, des professionnels dont le métier de base s'est enrichi de la compétence environnement. Ce mode de fonctionnement privilégie l'évolution interne et peu de profils sont issus de formations initiales en environnement. Dans les usines, les responsables environnement sont généralement des personnes ayant occupé plusieurs postes opérationnels, ayant une très bonne connaissance de l'organisation des ateliers et de leurs contraintes. Ils fonctionnent en réseau avec leurs homologues, partageant l'expérimentation et le retour d'expérience. Aujourd'hui, chez Renault, il existe ainsi plusieurs réseaux organisés par thématiques, regroupant environ 1 500 personnes dans tous les métiers et dans tous les pays. Ces réseaux se sont constitués par cercles successifs ; le dernier créé concerne le recyclage des véhicules et inclut des personnes ayant des compétences dans le domaine des matériaux, du démontage, de la réglementation, etc.

Un travail en réseau

 

 

Chez PSA Peugeot-Citroën, on retrouve cette logique de travail en réseau et une organisation s'appuyant sur des équipes de projet transversales, au sein desquelles les référents "environnement" de différents métiers travaillent ensemble. « Dans le cadre du plan cap 2010 (visant l'identification de projets d'amélioration des pratiques dans tous les domaines), des groupes de travail réunissant des responsables issus de toutes les fonctions de l'entreprise ont été montés, dont certains sur des thématiques environnementales, comme la réduction de la masse des véhicules », rappelle Virginie de Chassey, déléguée au développement durable chez PSA Peugeot-Citroën.

Chez Toyota France, qui intervient essentiellement sur la distribution, les objectifs et l'organisation sont différents. C'est le directeur après-vente, Jean-François Grimaud, qui est en charge de l'environnement, car la plupart des volets sur lesquels l'entité peut travailler sont liés aux services offerts par les concessionnaires (VHU, pneus, etc.). Au sein de son équipe, une responsable environnement, qui vient du marketing après-vente et a reçu une formation complémentaire en environnement, assure une veille réglementaire et sensibilise en interne sur les aspects environnementaux. La mission de l'équipe est orientée sur la sensibilisation des concessionnaires à travers l'appui au développement de procédures environnementales et à la démarche de certification Iso 14001. Elle joue par ailleurs un rôle de courroie de transmission pour faire remonter des informations provenant des concessionnaires (concernant par exemple le démontage ou l'élimination de tel ou tel matériau) vers Toyota Europe et Toyota Japon, et venir en appui à sa maison mère pour développer des filières de retraitement de composants des véhicules ou décliner les actions environnementales à l'échelon national.


Contacts :

Renault, www.renault.com

Toyota, tél. : 01 47 10 81 09, gaelle.capin@toyota-europe.com

PSA Peugeot-Citroën, tél. : 01 40 66 46 95, camille.lanavere@mpsa.com

Le parcours de Pedro Chaverra Responsable environnement sur le site de Renault Maubeuge Un cursus atypique

Après une formation initiale en génie urbain en Colombie, sa terre natale, Pedro Chaverra suit une spécialisation en génie de l'environnement, puis un DEA Politique et gestion de l'environnement, à l'École des ponts et chaussées à Paris. Il participe à la création de l'équivalent des agences de l'eau en Colombie, fait ses premières armes chez Sogreah, puis contribue à la mise en place de l'Iso 14001 chez un équipementier. Il travaille ensuite plusieurs années dans l'audit chez Ernst & Young, avec Renault comme client, avant de prendre le poste de responsable environnement de l'usine de Maubeuge en 2006. Rattaché à la sous-direction, il anime une équipe de quatre personnes et un réseau d'une dizaine de correspondants environnement. « Mon quotidien, c'est beaucoup de terrain dans l'usine pour animer la politique environnementale, les relations avec la Drire, le contact avec les experts du groupe au sein de différents réseaux, construire le reporting auprès du comité de direction, et puis l'échange avec les riverains », détaille Pedro Chaverra.

Environnement Magazine, juillet-août 2008