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Pas de responsables environnement à proprement parler dans le secteur bancaire français, mais de petits services développement durable chargés de faire évoluer mentalités et pratiques.
Les établissements bancaires génèrent des impacts environnementaux directs (parcs immobiliers, transports, déchets de bureaux...) et indirects liés à leurs politiques d'investissements, longtemps et encore souvent décriées. Les premiers ne sont pas anodins, mais les seconds ont des conséquences autrement plus significatives. L'enjeu pour ses grands groupes est donc d'abord de réorienter leurs politiques de prêts et d'investissements, notamment en sensibilisant et en formant le personnel.

Christoph Vernier, responsable DD du Crédit Coopératif
C'est la mission des responsables DD, fonction toute récente dans le secteur bancaire, mais à l'importance stratégique croissante. « Nous en comptons un dans chaque caisse régionale et dans chaque filiale, soit environ 25 collaborateurs au total, indique Pierre Dutrieux, directeur du développement durable et de l'intérêt général à la Caisse nationale des caisses d'épargne. Ce sont, en général, des personnes qui ont l'expérience des différents métiers de l'entreprise et non de jeunes diplômés spécialement recrutés. » Ces directeurs régionaux s'appuient notamment sur un comité de pilotage DD qui rassemble dirigeants et représentants de chaque métier. « Au siège, je dirige pour ma part un service de sept personnes. Notre objectif prioritaire : intégrer notre démarche DD, formalisée depuis l'an dernier dans notre programme Bénéfices Futur, à tous nos métiers. Ce n'est pas nécessairement facile car chaque professionnel a ses propres préoccupations », reprend Pierre Dutrieux. Même type d'organisation chez BNP Parisbas : un responsable DD et son adjoint en contact avec 170 correspondants disséminés dans le groupe. Ni comité ou service ad hoc, en revanche, au siège du Crédit coopératif, filiale de la Banque populaire. « Nous avons créé des groupes de travail transversaux sur des thèmes comme l'implication des sociétaires ou la veille de marché. Nous avons désigné des référents par secteur d'activité et notre objectif est de diffuser progressivement une culture DD à tous les chargés de clientèle. Plusieurs sessions de formation ont déjà eu lieu », témoigne Christophe Vernier, responsable DD du groupe coopératif. La banque a pour cela organisé fin 2007 une journée de formation à leur attention. « Nous n'avons pas encore totalement intégré la notion de développement durable à notre programme de formation continue, avoue pour sa part Pierre Dutrieux à la Caisse d'épargne. Nos 50 000 collaborateurs peuvent accéder à un module de sensibilisation à distance, mais il n'existe pas encore de session spéciale pour les responsables DD. »
Contacts
www.bnpparibas.com
www.credit-cooperatif.coop
www.groupe.caisse-epargne.
Une double compétence :
Marie-José Jumez dirige le service qualité et développement durable de la Caisse d'épargne de Picardie (quatre personnes) depuis avril 2007. Son premier métier : la communication. « Après mes études de droit public, je suis devenue l'attachée de presse du préfet de la région Picardie durant six ans avant d'être recrutée en 1986 à la Caisse d'épargne régionale en tant que Dircom », détaille l'intéressée. De 1994 à 1996, elle dirige une agence de publicité avant de revenir à la Caisse de Picardie à différents postes de direction (directeur commercial, de groupe puis des marchés spécialisés). « Je perçois tous les jours les bénéfices de cette double expérience de fonctions transversales et de terrain », analyse Marie-José Jumez. La Caisse de Picardie a été une des premières à dresser son bilan carbone. « », rapporte-t-elle.
Environnement Magazine, Septembre 2008