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Responsable Environnement dans une chambre d'agriculture : Un technicien mais aussi un négociateur

À l'interface entre l'agriculture et le reste de la société, les chargés de mission environnement des chambres consulaires ont un rôle technique mais aussi de négociateur.

Agriculture et environnement ont longtemps entretenu une liaison tumultueuse. Le chargé de mission environnement en chambre d'agriculture s'applique à les réconcilier. « C'est avant tout un rôle d'interface entre le monde agricole, les pouvoirs publics et les collectivités, explique Gilles Frêne, responsable du département environnement de la chambre d'agriculture de la Meuse. Nous décryptons les enjeux environnementaux pour les mettre à la portée des agriculteurs et permettre leur application sur le terrain. » Les chambres d'agriculture sont des organismes consulaires, départementaux ou régionaux, dont la politique est fixée par des agriculteurs élus. Les conseillers environnement doivent donc les aider dans leurs prises de décision et dans les négociations avec l'administration. Ils doivent aussi être la cheville ouvrière d'actions concrètes sur les exploitations agricoles, en veillant à ne pas pénaliser leur rentabilité économique.

La diversité des postes liés à l'environnement reflète la multiplicité des points de rencontre - et parfois de friction - entre pratiques agricoles et milieu naturel. « Sur les 1 000 équivalents temps plein en charge de questions environnementales au sein des chambres d'agriculture, la thématique numéro un est celle de l'eau, avec la question de la gestion quantitative et qualitative », explique Nelly Le Corre-Gabens, responsable du service agronomie et environnement de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA). Viennent ensuite les produits phytosanitaires, l'élimination des déchets - qu'ils soient agricoles, comme les plastiques ou les effluents d'élevage, ou non, comme les boues de station d'épuration -, l'énergie et la biodiversité. Le recrutement a évolué pour répondre à ce besoin croissant de spécialisation des agents. « Il y a encore dix ans, on embauchait essentiellement des ingénieurs agronomes, mais c'est de moins en moins le cas », constate Gilles Frêne. Des universitaires écologues, des juristes et des BTS spécialisés sont appelés en renfort. Tous doivent s'atteler à des tâches très variées, de la préconisation technique au montage de dossiers de subvention. Sans oublier la veille réglementaire, dans un contexte d'encadrement de plus en plus strict de l'activité agricole.


Le parcours de Virginie Guichard Responsable du service environnement de la chambre d'agriculture du Maine-et-Loire

Virginie Guichard est la preuve vivante que les postes à responsabilité en chambre d'agriculture ne sont plus la chasse gardée des ingénieurs agronomes. Ses études d'économie et son DEA de sociologie rurale l'ont conduite à la tête d'un service de six personnes. « Il n'est pas impératif d'avoir une formation technique ; cela peut s'apprendre sur le tas », explique-t-elle. Idem pour la sensibilité agricole, indispensable « si l'on ne veut pas aller au casse-pipe ». « Il faut comprendre dans quel univers on évolue, connaître le profil des agriculteurs d'aujourd'hui, leurs contraintes », précise Virginie Guichard. Pour elle, « l'essentiel est d'avoir un réel esprit d'ouverture et un goût pour la médiation. Il faut savoir mettre ses convictions de côté ; il ne s'agit pas de militer pour une association environnementale, mais d'accompagner les agriculteurs. » Une mission qui passe avant tout par une recherche de cohérence et de transversalité. « Lorsque je parle de zones humides, je sais que cela touche à la qualité de l'eau, à l'aménagement du territoire et à la biodiversité. » 

Environnement Magazine, mars 2009