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Pour épargner aux riverains les odeurs de pourriture, certains employés des entreprises de l’assainissement et de la propreté se transforment en nez.
« Cet échantillon sent le pain et la terre, l’odeur idéale pour une décharge. » Il ne s’agit pas là de la critique d’un parfumeur sur la fragrance ratée d’un de ses collègues, mais du commentaire d’un nez travaillant au service de stations d’épuration et de centres de stockage des déchets.
Les entreprises chargées de concevoir et de gérer ces usines ont du mal à faire accepter leurs installations. Pour limiter les conflits, elles sont donc contraintes de perfectionner en permanence leur maîtrise des odeurs. Certaines s’adressent à des bureaux d’études. D’autres font les analyses elles-mêmes. Dans les deux cas, il peut être intéressant de former des nez en interne pour accélérer les recherches. Comme les goûteurs d’eau apprennent à reconnaître les arômes de l’eau potable ( lire Environnement Magazine n° 1624, p. 62 ), les nez sont capables, en quelques inspirations, de déterminer le type de molécule à l’origine d’une nuisance olfactive. Rance, oeuf pourri, poisson avarié, légumes fermentés ou ammoniac... il existe des odeurs plus agréables.
« Mais, comme les sessions de tests sont assez ludiques, nous aimons bien y participer », commente Auguste Bruchet, l’un des nez du Centre international de recherche sur l’eau et l’environnement (Cirsee) de Suez. « C’est l’occasion de lever le nez de son ordinateur et de rencontrer des gens d’autres services », ajoute Clara Lobjeois, autre membre du jury. Le reste du temps, la jeune femme est employée au service marketing. Son collègue est ingénieur en eau potable. Pas besoin d’être un spécialiste, en effet, pour servir de nez. Tous les salariés ont eu la possibilité de s’inscrire. Seules conditions : avoir l’odorat sensible et du temps. Un ingénieur en chef, par exemple, ne sera pas assez disponible pour suivre la formation initiale de quinze jours et pour assister aux « dégustations » d’odeurs mensuelles ou bimensuelles.
Environnement Magazine, novembre 2005