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Responsable Environnement au sein d'une société d'autoroutes : Ou comment diffuser les pratiques environnementales sur le réseau...

Le responsable environnement d’une société d’autoroutes est un généraliste rompu à la veille juridique, à la tête d’une petite équipe de spécialistes et d’une direction ad hoc.

On dérange Bernadette Moreau en pleine préparation d’un audit en vue d’une certification Iso 14001. Le décor est planté : le responsable environnement dans une société d’autoroutes, ici Cofiroute, est chargé d’engager et diffuser des bonnes pratiques environnementales sur tout le linéaire exploité (8 498 km concédés en France) ainsi que sur les ouvrages associés. Le tout, en exploitation comme en construction. Ainsi, en sa qualité de responsable qualité sécurité environnement (QSE), Bernadette Moreau a fait déployer des bornes de tri des déchets sur les aires du réseau, aménager des stations d’épuration à roseaux ou encore animer des stands de sensibilisation à l’écoconduite.

Un rapide tour de France des sociétés d’autoroutes montre que toutes ont leur monsieur ou madame environnement, un service directement rattaché à la direction générale, avec budget propre. Chez ASF, il s’appelle prospective et développement durable. Chez Cofiroute, QSE. Au sein du groupe Sanef, une direction du DD mutualise les moyens des départements et environnement de Sanef et SAPN. « Les concessionnaires, qui emploient 13 000 personnes, ont toutes un responsable environnement, le plus souvent un généraliste, et parfois, pour les plus grosses, des spécialistes, confirmait Michel Burdeau, ancien délégué général de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa), lors d’un colloque au Sénat. Sont consultés, par exemple, des spécialistes d’ouvrages pour batraciens ou du génie végétal. Mais les deux aspects qui retiennent le plus notre attention sont l’eau et le bruit. »

Sophie Marty-Le Ridant, responsable DD à la SAPN, mais aussi animatrice du groupe de travail environnement à l’Asfa, souligne la composante « sensibilisation » du métier : « Au-delà de la définition des politiques, il faut accompagner leur déploiement sur le terrain. Ce peut être organiser la concertation pour un contournement, ou mettre en oeuvre une démarche de management environnemental en concertation avec le maître d’oeuvre », explique cette titulaire d’une maîtrise de biologie, écologie et géologie, et d’un troisième cycle de gestion industrielle. Constat partagé par tous : depuis un ou deux ans, il y a moins de résistances en interne. L’esprit du Grenelle est passé par là.

Le parcours de Bernadette Moreau directrice QSE chez cofiroute

Fil conducteur de sa carrière : « la concession ». Bernadette Moreau officie chez Cofiroute depuis quatorze ans, aujourd’hui comme responsable QSE après différents postes dans cette filiale du groupe Vinci, mais elle est passée par d’autres services concédés : l’aménagement de stations de montagne, juste après son premier poste au ministère de l’Équipement, puis les parcs de stationnement parisiens où elle travaillait sur un sujet inattendu, la compatibilité des constructions souterraines avec la présence d’arbres. Car cette juriste, titulaire d’un DESS en aménagement et urbanisme et d’un DEA en droit de l’environnement, s’est toujours frottée à l’écologie. Elle exerce aujourd’hui ses fonctions à la tête d’une direction ad hoc, entourée de sept personnes, sans compter ses correspondants dans les directions régionales.

Environnement-Magazine, avril 2009