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Ce métier exige de nombreuses qualités et compétences. Quand il existe, le responsable environnement dans l’industrie textile doit en effet s’intéresser à toutes les fonctions de l’entreprise. De la qualité, au process en passant par le marketing...
Dans le textile, un secteur en grande majorité composé de PME, le poste de responsable environnement reste rare.
Karine Sfar, directrice développement durable à l’Union des industries
textiles (UIT), se souvient de l’époque, pas si lointaine, où l’environnement était intégré au service innovation. Aujourd’hui, même si le poste n’est que rarement identifié, le sujet est devenu un véritable enjeu stratégique. Ses interlocuteurs sont les dirigeants d’entreprise eux-mêmes (99 % de PME dans le secteur), les directeurs industriels ou encore les responsables production ou qualité, hygiène et sécurité.
Éminence, spécialiste du sous-vêtement, est un assembleur. L’entreprise gère en interne le tricotage, la coupe et la confection. Pour le reste, elle fait appel à des sous-traitants étrangers (Maroc, Roumanie, Tunisie). Joseph Serres, ingénieur textile de formation et directeur industriel, met en oeuvre la politique de développement durable au niveau de l’approvisionnement, la fabrication, la logistique et du développement. « L’environnement, explique-t-il, ce sont des exigences que chacun doit intégrer dans son métier, tout comme la veille réglementaire. ».
L’analyse de la valeur est au coeur de son approche et il avance de façon conjointe avec son site italien au sein de groupes de travail. Chez TDV Industries, à Laval, une entreprise intégrée (filature, tissage, teinture) spécialisée dans les tissus pour vêtements professionnels, les impératifs sont autres. Christophe Lambert, son P-DG, a embauché Éric Lescoublet, comme responsable QSE et DD, rattaché au directeur d’exploitation. « Je suis le garant de notre Agenda 21, de la démarche Iso 14001 que j’anime en temps réel et de la gestion des labels », résume le nouveau Monsieur environnement. Il a mis en place des rencontres hebdomadaires avec l’encadrement, les chefs d’équipe et le personnel des différents ateliers. Il utilise la veille réglementaire comme un outil de travail. Les obligations de Reach, des réglementations sur la sécurité des produits ou sur l’eau sont ensuite déclinées avec l’aide des différents responsables, surtout en teinture.
Dans tous les cas, le responsable environnement est le garant du respect de la
réglementation vis-à-vis de l’administration et de la qualité des produits vis-à-vis du consommateur. Participer aux actions de lobbying et rejoindre des groupes de travail du secteur lui permettent aussi d’anticiper les évolutions et d’apporter de la pertinence aux actions : 30 % de gain sur le volume de transport et de stockage grâce à un nouvel emballage pour Éminence par exemple, ou une économie imaginée par l’atelier déchets (80 % de valorisation) chez TDV.
Contacts
"Je suis venu développer la politique du dirigeant".
Formé initialement à la qualité, puis au management, Éric Lescoublet a opté pour un mastère 2 environnement et développement durable à l’ESC de La Rochelle. À 32 ans, il prend la responsabilité QSE et DD chez TDV. « Je sentais des besoins grandissant dans les entreprises, c’est ce qui m’a poussé. À l’issue de ma formation, j’ai travaillé six mois dans un grand groupe pharmaceutique. Malgré des moyens financiers bien supérieurs à TDV, il est plus intéressant de rejoindre une PME engagée. Je suis venu développer la politique du dirigeant Christophe Lambert et soulager le responsable maintenance qui assurait aussi la sécurité et l’environnement.» Extérieur au secteur, il a démarré dans l’entreprise en passant un mois dans chaque service. Une connaissance de l’intérieur auquel son passé à la production dans l’agroalimentaire offre une nouvelle vision.
Environnement Magazine, juillet-août 2009