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Responsable environnement dans un parc de loisirs : Des responsabilités multiples

Dans un parc de loisirs, le responsable environnement n'a pas vraiment le temps de s'amuser. De la sensibilisation du public et des équipes au suivi des consommations d'eau et d'énergie en passant par la gestion des déchets, ses responsabilités sont multiples.

Fréquemment, le responsable environnement d'un parc est à la fois responsable qualité et/ou sécurité. Au parc du Puy-du-Fou, qui s'étend sur près de 200 hectares, Laurent Martin est responsable de la sécurité. Depuis cinq ans, il est aussi responsable du développement durable. Sa mission comporte un important volet de sensibilisation du public et des équipes sur le site, via la réalisation de plaquettes d'information ou la mise en place du tri sélectif pour le visiteur. En collaboration avec la direction technique, un logiciel de maîtrise des consommations d'énergie permet de « savoir à tout moment ce qui fonctionne sur le site, qu'il s'agisse de la climatisation, de l'électricité, de l'eau ou du chauffage », explique-t-il. La généralisation de l'usage du vélo pour le personnel ou encore l'intégration paysagère des nouveaux bâtiments relèvent aussi de sa fonction. Mais les chantiers sont encore nombreux : « En ce moment, on cherche à identifier des filières de valorisation de nos déchets. Mais elles requièrent des déchets propres que nous avons du mal à obtenir, insiste Laurent Martin, car il est difficile d'éduquer le visiteur . »

La diversité des activités proposées dans ces parcs (attractions, hôtellerie, restauration...), font du responsable environnement un coordinateur chargé de « faire avancer tout le monde dans la même direction », résume Christine De Samie, responsable de la qualité et de l'environnement au parc du Futuroscope. Diplômée d'un mastère sécurité-environnement, elle a été embauchée à la fin de son stage de fin d'études. « Le parc s'est construit au fil des années sans stratégie à long terme, explique Nicolas Kremer, directeur d'exploitation du Futuroscope . Il y a un an et demi, nous avons donc identifié cinq grands chantiers avec Christine De Samie. » Gestion de l'eau, des énergies, des déchets, des nuisances sonores et des transports, les initiatives ne manquent pas. Parmi elles, la séparation du système de climatisation et de chauffage puisqu' «avant, on ne pouvait pas arrêter la climatisation sans que le chauffage ne se mette en route et inversement » . Un jeune ingénieur se charge désormais des questions relatives à l'énergie (eau, électricité) et travaille en collaboration avec Christine De Samie. « Au fur et à mesure, nous intégrons de nouvelles dimensions. Par exemple, on suit nos consommations d'eau presque en temps réel aujourd'hui » , précise la jeune femme. Chargée d'organiser des consultations et de mettre en place des groupes de travail, Christine De Samie garantit la cohésion de la politique de développement durable menée au sein du parc.

L'arbitrage budgétaire constitue également une tâche importante du responsable environnement. Mettre en place une vraie politique de développement durable représente un investissement important, pas toujours à la portée des parcs de petite taille. Au départ, « même si l'investissement est lourd, les économies vont vite quand on met le doigt sur ce qui ne va pas », explique Nicolas Kremer. Mais plus on avance et plus les gains économiques ne justifient plus l'investissement. Un vrai casse-tête ! Au Futuroscope, parc géré par une Sem dont le principal actionnaire est le conseil général de la Vienne , l'isolation des bâtiments, en cours de réalisation, « n'aura pas de retour sur investissement », déclare Nicolas Kremer.

Mais les parcs qui n'ont pas de responsable environnement identifié n'ignorent pas pour autant le sujet. « La démarche environnementale de Vulcania a démarré dès sa construction en 2002 », explique Éric Dersigny, directeur d'exploitation du site. Niché au coeur du PNR des volcans d'Auvergne, l'environnement y est traité de manière transversale et « tous les services soumettent leurs suggestions au comité de direction ». C'est également le cas au parc de loisirs Eana, inauguré en juillet 2008 en Normandie et consacré exclusivement au développement durable. « L'approche environnementale est intrinsèque à la construction » , explique Thibaut de Colombel, coordinateur scientifique de ce parc aux bâtiments HQE. Se prévaloir du développement durable apparaît aujourd'hui incontournable pour les parcs de loisirs qui la concrétisent à hauteur de leurs moyens. Preuve que l'enjeu est jugé d'importance, une commission développement durable vient d'être créée au sein du Syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels (Snelac), qui regroupe actuellement 150 parcs de loisirs en France.

 

Le parcours de Laurent Martin, responsable sécurité et environnement au parc du Puy-du-Fou

Pompier Multicarte

 

Diplômé d'un mastère hygiène, sécurité, environnement, Laurent Martin est un ancien pompier volontaire. « Au départ, je suis entré comme secouriste au parc en tant que saisonnier », se souvient le jeune homme. Quelques années et un mastère plus tard, il est engagé au sein du service de sécurité. Il y a cinq ans, la direction décide d'ajouter l'environnement à ses prérogatives : « À l'époque, j'avais déjà travaillé sur des normes Iso 14001. C'est pour cela qu'on m'a affecté au développement durable », poursuit-il. Laurent passe une partie de son temps au bureau - « il faut bien faire avancer les dossiers », mais son activité l'amène à se déplacer, souvent pour rencontrer l'une ou l'autre équipe du site, ce qui lui permet de « soulever beaucoup de questions. » Amusé, il précise qu'il passe aussi du temps dans le parc à « entendre ce que disent les visiteurs, qui ne manquent pas de faire des suggestions intéressantes. » Passionné par l'art du spectacle, il s'estime chanceux de travailler au parc du Puy-du-Fou, « dans un cadre idéal . »

Environnement-Magazine, novembre 2009