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ENR : « Le tiers financement est l’avenir du photovoltaïque »

En acquérant Evasol en septembre 2012, Giordano a pu concrétiser son projet de rente solaire. Désormais commercialisée, cette offre doit relancer le groupe sur le marché photovoltaïque.

Une interview d'André Perrotin, président d’Evasol

Interview André Perrotin, président d’Evasol

EMC - En quoi consiste cette « rente solaire » ?

A.P. - Giordano est connu dans le solaire thermique. Evasol, dans le photovoltaïque. Nous savions qu’avec son nom, nous reprenions une marque, mais aussi un savoir-faire et plus de 10 000 clients. C’était une vraie opportunité pour développer notre projet de rente solaire. Cette offre, que nous lançons maintenant, s’inscrit en opposition aux installations photovoltaïques classiques. Celles-ci sont vendues à des clients qui mettront une dizaine d’années à les rentabiliser. Avec la rente solaire, l’idée est de permettre au plus grand nombre de s’équiper sans investissement initial, ni frais d’entretien.

Le principe est le suivant : nous installons la centrale photovoltaïque, l’entretenons et versons au client un loyer, qui dépend de la surface de la centrale, du lieu d’habitation, de l’orientation de la toiture… Mais une fois qu’il a signé son contrat, le client sait exactement combien il va toucher. Le loyer est fixe. S’il veut l’augmenter, il peut co-investir dans la centrale. Nous lui versons alors une quote-part, fonction du tarif d’achat de l’électricité. Nous visons des installations jusqu’à 9 kW avec des contrats sur 20 ans renouvelables. En 2013, nous espérons installer 30 MW.

EMC - Pourquoi avoir lancé cette offre ?

A.P. - Notre dispositif, c’est du tiers financement, le modèle qui va s’imposer pour le photovoltaïque. Sa limite tient dans la capacité à financer les installations. Nous l’avons dépassée en travaillant avec un énergéticien européen, dont je ne peux pas dire le nom. Le photovoltaïque français a souffert de plusieurs maux : manque de formation des installateurs, coût du raccordement… S’il reste sur un statu quo, les volumes vont se réduire mois après mois. La seule façon de relancer le marché est de trouver un nouveau modèle économique. C’est ce que nous avons fait.

EMC Les mesures d’urgence du gouvernement peuvent-elles changer la donne ?

A.P. - Il y aura encore de la casse dans le photovoltaïque. La plupart des acteurs arrivent à bout de souffle, fabricants comme installateurs. Pour ceux qui pensent encore attendre un an avant de réagir, 2013 sera l’année de trop. C’est le moment de passer à l’attaque. Les annonces vont dans le bon sens. Mais le gouvernement ne pourra plus aider la filière avec les tarifs sans recréer une bulle. De toute façon, le photovoltaïque n’a pas tant besoin d’argent que de stabilité et de visibilité. Nous attendons en particulier du débat sur la transition énergétique que le tiers financement soit mis en avant et expliqué aux citoyens

TB, Groupe Environnement Magazine

Crédits photos : DR

50 M W, en attendant mieux

Le ministère de l’Écologie a publié la liste des lauréats des 3es et 4es périodes de l’appel d’offres pour les puissances comprises entre 100 et 250 kW. Au total, 231 projets de centrales photovoltaïques ont été retenus pour une capacité de 49,4 MW. « Les résultats des premières périodes ayant été peu satisfaisants en termes de retombées industrielles, cet appel d’offres sera relancé en mars », prévoit le ministère. L’objectif est d’atteindre « un volume global de 120 MW sur un an, répartis en trois tranches de 40 MW ». Comme annoncé début janvier, le cahier des charges prendra désormais en compte le bilan carbone du processus de fabrication des modules.

www.developpement-durable.gouv.fr