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Recyclage et installations de stockage de déchets inertes : Portrait de Stéven Talbot : « Je donne de la valeur à ce qui n'en a pas »

A 29 ans, Stéven Talbot est responsable environnement pour la région Bretagne chez Sacer Atlantique, entreprise spécialisée dans la construction et l’entretien des routes.
Son métier ? Créer des plates-formes de recyclage et des installations de stockage de déchets inertes. Son moteur ? Donner de la valeur à … des cailloux. Portrait d'un professionnel au parcours sans grain de sable, avide d’apporter des solutions respectueuses de l’environnement.

Steven TalbotCinquante heures de travail par semaine, 70 000 kilomètres à travers la Bretagne par an, 500 000 tonnes de matériaux à gérer dont 100 000 t de déchets recyclés chaque année. « Je brasse des flux énormes. C’est l’avantage de bosser chez les grands ! ». Belle progression pour ce professionnel qui a débuté dans le recyclage, il y a dix ans.

« À l’époque, il y avait tout à faire. »

En 1998, Stéven Talbot obtient son bac STI (Sciences et technologies industrielles) au lycée de Lorient, mais il sait qu’il ne continuera pas dans l’industrie : « Je n’y portais pas un grand intérêt. J’ai opté pour des études supérieures tournées vers l’écologie. Hors de question de rester planté dans une usine ou un bureau d’études! » Son sésame en poche, ce passionné de sports nautiques et de nature s’inscrit à Lanester en BTS Hygiène Propreté Environnement, qui forme des responsables de secteur et des chargés de développement dans quatre domaines : hygiène des locaux, propreté urbaine, assainissement et gestion des déchets. « J’ai fait mes stages dans le secteur des déchets, car à l’époque il y avait peu de solutions de valorisation face à de grosses problématiques. Il fallait monter des filières, trouver des exutoires, adapter les traitements… » Son stage de deuxième année porte sur l’exploitation d’une installation classée, spécialisée dans le traitement des déchets du BTP au sein de Soratec. « J’ai apporté ma culture STI dans un domaine où il n’y avait parfois rien. Je faisais de la STI appliquée et mon parcours devenait logique. Ce stage m’a incité à rester dans le
recyclage. »
Après son BTS, il poursuit ses études en DNTS conduite de projets industriels à Dieppe. Mais pour être sélectionné, il a fallu convaincre : « Les responsables ont pris un risque avec moi car tout futur étudiant propose un projet avec un début et une fin sur le papier. Or, avec mon projet de création d’une plate-forme de tri et de recyclage de déchets du BTP, je ne savais pas où j’allais. »

Vendre du caillou et protéger l’environnement

Stéven Talbot est ensuite embauché, en 2001, à Détrivalor et devient responsable d’exploitation de la plate-forme qu’il suit depuis le BTS. Il continue à mettre en place la collecte et le traitement des déchets du BTP. En 2005, il est embauché chez Sacer Atlantique sur un poste nouvellement crée. Il est chargé de mettre en place le tri sélectif des déchets issus des travaux publics et de créer des plates-formes de recyclage. En parallèle, il ouvre des ISDI (installations de stockage de déchets inertes) pour la fraction non valorisable. Le plus difficile ? « Notre capacité de stockage sur la Bretagne est de 600 000 m3, mais une ISDI a une durée de vie limitée. Il faut constamment trouver de nouveaux exutoires et développer des procédés de valorisation pour ne pas se retrouver avec des déchets dont on ne sait plus que faire. » Aujourd’hui, cela fait huit ans que Stéven travaille dans la gestion des déchets du BTP.« J’aime ce secteur car je donne de la valeur à ce qui n’en a pas, a priori. On est loin du secteur des métaux et des ferrailles à forte valeur intrinsèque. Et je ne suis pas juste un vendeur de cailloux ! Il faut respecter l’environnement.» Sans verser dans la psychologie de comptoir, Stéven avoue faire de la récupération depuis très longtemps : « Petit, j’aimais fouiller dans les casses automobiles et les décharges. Chez moi, de nombreux objets sont issus de la récup’ ! »

Jury d’examen pour repérer de bons profils

L’an dernier, il a été nommé ambassadeur par la Fédération nationale des travaux publics pour promouvoir ce secteur d’activités dans les collèges et les lycées. Il participe aux jurys du BTS HPE pour l’évaluation des stages des étudiants et voit ainsi l’évolution des approches des jeunes sur les problématiques environnementales, repérant au passage de bons profils pour des stages.

Les jeunes et le recyclage ? Stéven est positif : « Depuis deux ou trois ans, il est moins difficile de les attirer.

Foncez, il y a de l’avenir ! ».

Recyclage-Récupération, juillet 2008