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Prodec, association d'entreprises de recyclage de Côte-d'Or, avait organisé une rencontre avec le monde enseignant. Objectif : faire connaître et valoriser la filière des déchets afin de susciter les vocations.

Les entreprises du déchet et du recyclage connaissent des difficultés de recrutement. Trop peu de candidats sont, en effet, diplômés et la formation sur le tas se perpétue par la force des choses. « Mais cela prend du temps, de l'énergie et il peut arriver qu'un salarié se rende compte au bout de quelques mois que le métier ne lui convient pas », déplore Lionel Hurtevent, de Curé Emballages.
De plus en plus, les professionnels du secteur recherchent donc des salariés déjà formés, au moins un minimum. C'est pourquoi l'association bourguignonne, Prodec, qui regroupe une dizaine d'entreprises, avait convié, mercredi 15 octobre, des représentants du monde enseignant pour leur présenter le secteur, ses attentes et ses atouts. « Nos plus gros besoins se situent au niveau des CAP, a indiqué Pascal Sécula, président de Federec et dirigeant de Bourgogne Recyclage. Pour les bac +3 et bac +4, qui correspondent à des postes d'encadrement, les besoins sont plutôt bien pourvus. »
Des diplômes reconnus
Depuis de nombreuses années, ces diplômes sont dispensés par l'Éducation nationale, bien qu'ils ne soient pas proposés par toutes les académies. Les CAP « gestion des déchets et propreté urbaine » et « opérateur des industries du recyclage » sont au coeur du métier. Tous deux se font en deux ans, par alternance en contrat d'apprentissage et sont accessibles aux élèves de troisième. Ils peuvent s'accompagner d'un CACES (conduite de chariot) et d'un certificat Sauveteur secouriste du travail. Seul bémol, les référentiels datant de quelques années, il conviendrait de les réactualiser afin de suivre l'évolution rapide de la profession. À la marge, certaines académies proposent également un CAP « agent d'assainissement et de collecte des déchets liquides spéciaux », un CAP « maintenance et hygiène des locaux » et, à un niveau équivalent, un BEP « métiers de l'hygiène, de la propreté et de l'environnement ». Pour les élèves souhaitant poursuivre leurs études, ces premiers échelons peuvent mener vers un bac professionnel « hygiène et environnement », en trois ans, vers un BTS « hygiène, propreté, environnement » et, plus haut, vers des licences professionnelles « gestion et traitement des déchets » et « métiers du démantèlement, des déchets et de la dépollution ».
Un problème d'image
Mais si ces cursus existent, ce sont bel et bien les élèves qui manquent à l'appel. Beaucoup de sessions peinent à faire le plein. La faute à l'image de la profession du déchet, peu connue et peu valorisée. Elle ne manque cependant pas d'atouts : tous les ans, l'emploi croît de 2 %, soutenu par la création des nouvelles filières. Et à l'horizon 2012, avec les départs en retraite, 20 % des effectifs seront à renouveler. « Tous les jeunes en formation peuvent trouver un emploi dès la sortie », argumente David Carrette, vice-président de Prodec. De plus, un volet d'emplois plus qualifiés a vu le jour ces dernières années pour suivre la mutation du métier : hygiène et sécurité, R et D et suivi de conception, marketing et communication.
Pour autant, les perspectives d'embauche ne sauraient être un critère de motivation en soi. C'est l'image de la profession qui doit évoluer. Pour cela, entreprises et enseignants doivent travailler main dans la main pour présenter les métiers aux plus jeunes, dès le collège. La place des femmes fait aussi partie de la solution. Le taux d'emplois féminins stagne depuis 2001, autour de 20 %. « Pour être intéressées, les filles doivent être acceptées comme les garçons et être certaines qu'elles auront la même évolution professionnelle », prévient Martine Lacote, inspectrice d'Académie.
Enfin, la formation continue mérite aussi d'être généralisée. La validation des acquis d'expérience (VAE), encore peu reconnue et peu pratiquée, fait actuellement l'objet de discussions. De même, entreprises d'insertion et entreprises classiques travaillent à la création de ponts, afin de trouver plus facilement des emplois pérennes aux salariés formés en insertion.
Créée en 1999, l'association Prodec regroupe douze entreprises de Côte-d'Or : Bourgogne Recyclage, Compostière de Rougemont, Curé Emballages, Coved, Edib, Ets Godard, Lety, Onyx Est, Reval Services, Seteo, Sita Centre Est, Technygiène-Estivalet. Ses principales missions sont la communication, la formation, la sécurité, l'évolution réglementaire. Depuis juillet 2008, Alain La Mouche, des établissements Godard, en est le président, succédant à David Carrette, vice-président.
Recyclage récupération, 17 novembre 2008