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Insertion : La filière du recyclage s'organise pour aider les handicapés en 2009

Elles emploient quelque 120 000 personnes handicapées sur l'ensemble du territoire. Les entreprises adaptées et d'aide par le travail (Esat et EA) ont développé des savoir-faire dans de nombreuses activités et parmi elles, le recyclage de différents matériaux. Elles proposent leurs services dans les filières papiers, palettes, textiles ou DEEE. Gros plan sur quelques expériences nordistes.

Depuis 1998, Elise, entreprise locale d'Initiatives au service de l'environnement, sillonne la région Nord-Pas-de-Calais pour collecter les papiers de bureaux des collectivités et des entreprises privées, essentiellement du secteur tertiaire. Sa mission est de « donner un emploi durable aux publics en difficulté ». Alexis Pelluault, son directeur, déclare : « Avec mon associé, Bruno Meura, nous voulions mettre en oeuvre le tri du papier dans les bureaux et trouver des solutions de valorisation ad-hoc. De plus, nous souhaitions cumuler ce projet avec une démarche d'insertion de personnes en grandes difficultés en leur proposant à terme un CDI. C'est ainsi qu'Elise est née ». Deux ans plus tard, deux personnes sourdes et malentendantes intègrent la société, marquant ainsi l'accueil du handicap dans le dispositif. Puis la famille s'agrandit : Armelle, née en 2006, prend en charge le tri des déchets de papier col lectés par Elise. Entreprise adaptée implantée à Wambrechies (59), Armelle emploie actuellement trente salariés avec des handicaps variés : sourds, malentendants, amputés, personnes à mobilité réduite ou encore avec des problèmes psychologiques. Les postes sont aménagés en conséquence : accessibilité améliorée, tables de tri et postes adaptés en hauteur, chariots élévateurs à gyrophare et miroirs présents dans tout l'atelier. Les salariés ont été formés à la langue des signes pour faciliter l'intégration de leurs collègues. Pour Alexis Pelluault, les objectifs de sécurité sont atteints. « Mais cela exige un suivi et un travail permanents », précise-t-il. « Les adaptations des postes et du site sont constantes et le plan de formation à la sécurité a été renforcé. » Pour le moment, seul le handicap visuel n'a pas trouvé sa place : « Mais nous y travaillons ».

Le handicap psychique entraîne de l'absentéisme

La gestion du handicap psychique implique en revanche des aménagements plus organisationnels. Ce type de handicap génère par exemple un fort taux d'absentéisme. Cela implique de la part de la structure d'accueil de savoir jongler avec souplesse et accompagnement.

Créée en 1996, Defabnord prend en charge le démontage de DEEE, essentiellement du matériel informatique, à raison de 1 200 tonnes traitées par an. Installée à Tourcoing (59), l'entreprise emploie aujourd'hui trente personnes présentant un retard mental, des difficultés relationnelles ou encore des troubles du comportement. 70 % des travailleurs handicapés présents à Defabnord ne maîtrisent pas correctement la lecture, l'écriture et le calcul. « Démonter des DEEE est une activité simple qui n'exige pas de compétences particulières , explique Gérard Renoux, directeur de Defabnord. C'est donc bien adapté à ce public. Il n'y a guère que la saisie informatique dans le cadre de la procédure de traçabilité qui soit plus compliquée. »
Virginie Collomb

Le handicap et la loi

La loi du 10 juillet 1987 oblige les entreprises d'au moins vingt salariés à employer une proportion de travailleurs handicapés à hauteur de 6 % de leur effectif salarié. Les entreprises ne respectant pas ce pourcentage doivent s'acquitter de la taxe Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées). Des alternatives existent néanmoins. Depuis la loi du 11 février 2005, les entreprises peuvent sous-traiter avec les EA et Esat (ex-atelier protégé et -CAT). Dans ce cas, un pourcentage de la facture du contrat de fournitures, de travaux ou de prestations peut être déduit de la taxe Agefiph grâce à une conversion en unités bénéficiaires. Defabnord établit ainsi en fin d'année un certificat d'heures équivalentes d'emploi de personnes handicapées au profit de ses clients, des PME et des collectivités locales du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie. Selon Gérard Renoux, « une entreprise qui investit 20 000 euros chez nous, cela correspond à l'emploi d'une personne handicapée ». Mais attention : cette formule ne peut pas se substituer totalement à l'embauche directe de salariés handicapés. Elle permet toutefois de satisfaire jusqu'à 50 % de l'obligation d'emploi. Selon l'Agefiph, seulement 20 % des entreprises optent pour cette solution.

Recyclage-Récupération, 13 avril 2009