S'inscrire à l'Alerte Envirojob
offres d'emploi, actualités, fiches métiers, dossiers carrières, formations...



Si l'heure n'est pas au recrutement massif, les employeurs cherchent à fidéliser leur personnel via la mobilité interne.
Vaste et protéiforme, le secteur des déchets, qui recouvre les déchets des ménages, des entreprises, de l'agriculture et du BTP, requiert forcément des compétences très variées. Les deux chefs de file du secteur, Sita ( Suez environnement) et Veolia propreté emploient respectivement 19 300 et 23 400 salariés - en vendant Veolia propreté nettoyage multiservices en septembre dernier, le groupe s'est séparé de 14 800 employés. Du fait de la crise économique, le volume des déchets rejetés est en forte baisse, entraînant dans sa chute les chiffres d'affaires des acteurs du secteur, et, du même coup, toutes perspectives de créations de postes en 2010.
Cependant, à moyen terme, les objectifs de la nouvelle directive européenne sur les déchets en matière de prévention et de recyclage devraient logiquement stimuler l'emploi. Les filières de valorisation des déchets industriels étant déjà bien développées (ils sont recyclés à 68 %), les enjeux se situent davantage au niveau des déchets ménagers (seulement 24 % sont recyclés) et du BTP.

D'après l'étude du Boston Consulting Group, le recyclage emploie 30 000 personnes en France (chiffre 2007) et les effectifs augmentent de 5 % par an depuis 2002. « Avec Veolia et Suez environnement, leaders mondiaux, et des acteurs dans l'ensemble de la chaîne de valeur, la France peut industrialiser la filière du recyclage », soulignait Catherine Gras, directrice générale adjointe de la direction générale de la Compétitivité de l'industrie et des services (DGCIS) du ministère de l'Industrie. À elle seule, l'amélioration du recyclage des déchets ménagers et du BTP devrait créer entre 10 000 et 20 000 emplois supplémentaires d'ici à 2015.
L'industrialisation du secteur, historiquement caractérisé par une forte proportion d'emplois peu ou pas qualifiés, a entraîné des besoins de compétences organisationnelles ou en ingénierie, notamment du fait de l'automatisation. « Depuis quelques années, nous avons besoin de diplômés d'écoles de commerce, de polytechniciens », confirme Sylviane Troadec, DRH de Paprec. « En 2010, comme cette année, nous recruterons environ 1 000 personnes supplémentaires, dont 200 cadres. Les besoins les plus importants concernent le management de centres de profit, l'exploitation de sites industriels et l'ingénierie », détaille Philippe Perret, DRH de Sita France. Les activités en croissance, liées aux déchets électriques et électroniques, au compostage et à la valorisation des déchets en général, ne nécessitent pas forcément de nouvelles compétences, mais sont génératrices d'emplois. Ainsi, Urbaser environnement va passer de 340 à 500 personnes au premier trimestre 2010 du fait du démarrage de la nouvelle unité de méthanisation de sa filiale Evéré, à Fos-sur-Mer, et de nouveaux contrats de collecte et de nettoiement. Par ailleurs, les ambitions en matière de prévention à la source entraînent la création de postes de chargé de mission de la prévention des déchets au niveau départemental (lire ci-contre). « Ce sont en général des ingénieurs en environnement, capables d'animer un réseau d'intervenants tout en réalisant des études sur les potentiels de réduction des déchets », souligne Valérie Le Coq, coordinatrice de Territoires environnement emplois ( TEE) en Ile-de-France.
La diversité des métiers liés aux déchets est telle qu'il n'existe pas vraiment de formation spécifique. « Nous avons beaucoup d'agrégés de la vie », plaisante Sylviane Troadec, en faisant référence à ces personnes sans diplôme initial mais ayant acquis une forte expérience. « C'est un métier qu'il faut apprendre ; il est donc important pour nous de fidéliser nos collaborateurs », assure Éric Gautret, secrétaire général de Chimirec en charge des RH. Plusieurs entreprises en font un principe : tout poste est d'abord annoncé en interne. Une politique fortement soutenue par des formations continues, qui permettent à des ouvriers de devenir agents de maîtrise (Etam), quand ceux-ci accèdent au statut de cadre sur des sites d'exploitation. « Suivant les années, environ une dizaine de personnes sont promues via le cursus Etam et une dizaine via le cursus cadre », détaille Cédric Mendes, responsable recrutement chez Coved, la filiale de Saur qui emploie 3 000 personnes en France. Autre conséquence du contexte particulier de ce secteur, la formation initiale est également bien développée. Sita dispose de sa propre école des métiers et Coved a accueilli en septembre dernier sa première promotion de BTS en alternance dans son centre de formation des apprentis.
L'expérience de Grégory Cousin, responsable d'exploitation chez Coved |
|
Promotions express chez Coved Onze ans, quatre postes, trois sites différents, mais cela ne suffit pas à décrire le parcours de Grégory Cousin au sein de Coved. Aujourd'hui responsable de deux sites d'exploitation, à Oignies et Orchies dans le Pas-de-Calais (soit 110 personnes), il a bénéficié du cursus d'évolution professionnelle « Parcours Cadre » de la filiale de Saur. Après un bac professionnel logistique et transport, et un permis poids lourd, il entre chez Coved comme chauffeur de collecte en 1998, avec des perspectives rapides d'évolution. Six mois et une formation managériale plus tard, le voilà chef d'équipe, puis chef d'exploitation en 2003. « J'ai débuté le parcours cadre cette année-là. Épaulé par des formateurs externes, j'ai travaillé pendant huit mois sur un projet transversal, avant de le présenter devant les directeurs de région et le P-DG » , se rappelle Grégory Cousin. « L'évolution interne est plus favorisée chez Coved qu'ailleurs » , estime-t-il. Du reste, il vient à nouveau d'être promu cette année. |
Métier : chargé de mission prévention |
|
Avec les objectifs de réduction de la production des déchets, un nouveau métier apparaît : chargé de mission prévention. À Paris, qui a décidé de diminuer de 5 % le volume de ses poubelles entre 2006 et 2010, la mission a été confiée à Van-Binh Mohamed Abdel Nguyen . Depuis juillet 2008, cet ingénieur des travaux de la ville de Paris travaille à la mise en oeuvre d'actions définies dans le plan parisien de prévention des déchets. « Ce qui est intéressant, c'est de pouvoir créer sa propre méthodologie et ses propres outils. Je suis actuellement en phase préparatoire. Il faut hiérarchiser les actions à mener, mettre en place des indicateurs de suivi et d'évaluation, faire des études de caractérisation des poubelles, des enquêtes auprès des habitants », énumère le chargé de mission. Après une première expérience témoin lancée en 2008, il travaille sur un test prévu dans un quartier de 50 000 habitants dans le XIe arrondissement, pour expérimenter des opérations de prévention auprès des ménages, commerçants-artisans, entreprises et services publics. |
| La stratégie d'Adecco |
80 agences spécialisées sur l'insertionSi l'insertion par l'intérim existe depuis une quinzaine d'années chez Adecco, la direction insertion et innovation sociale, elle, a été créée en juillet 2009. « Nous nous trouvons dans une période d'accélération. Nous allons doubler notre réseau dans les trois prochaines années, pour atteindre 80 agences spécialisées et 10 000 personnes en insertion par an » , explique Jean-François Connan , directeur insertion et innovation sociale chez Adecco. Une croissance qui va déboucher sur la création d'une centaine d'embauches de professionnels de l'accompagnement social. Si la propreté n'est pas le principal pourvoyeur d'emplois, il est cependant important, notamment du fait de la présence de clauses sociales dans les appels d'offres des collectivités locales. « Les missions d'intérim proposées s'adressent à des personnes qui sont en fin de parcours de réinsertion. Dans 60 % des cas, elles débouchent sur un CDD, un CDI ou un contrat de professionnalisation » , souligne Jean-François Connan. |